30 avril 2017 Webmaster

Michael Benyahia, le champion qui trace sa route

A 16 ans, ce passionné de course automobile collectionne les succès. Né aux Etats-Unis, installé en France, il ambitionne d’être le premier pilote aux couleurs du Maroc à accéder à la Formule 1. Et de rouler dans le sillage de son modèle : Kimi Räikkönen.

C’est l’un des pilotes les plus prometteurs de sa génération. A l’âge de 7 ans, Michael Benyahia débute la compétition au volant d’un karting. A l’époque, il était tellement impatient de rejoindre les circuits que sa mère, Pascale Van Cleemput, ex-consul de Belgique à Miami, lui faisait remarquer : “Tu as moins de mal à te lever le samedi qu’en semaine pour aller à l’école !”

C’est elle, ancienne pilote de karting et d’automobile, qui a transmis au plus jeune de ses deux fils la passion des sports mécaniques. Et le gamin a débuté le pilotage dès ses 4 ans. Il se fait remarquer à ses débuts en compétition en s’imposant à la troisième place du championnat du monde de karting, avant d’intégrer l’équipe nationale des Etats-Unis, pays dont il a la nationalité. Soutenu par ses parents, il devient champion Micro Max Rotax en 2010, puis vice-champion Pan American Micro Max, en 2011. Le jeune homme terminera à la troisième place du championnat Pan American Mini Max en 2012, avant de devenir champion Tag Junior en 2013, et de décrocher une sixième place au championnat du monde Rotax en 2013.

L’hymne chérifien sur le podium

Les courses de vitesse, le pilotage et les sensations fortes, Michael Benyahia en a fait sa passion. Afin de se professionnaliser après ses beaux succès en karting, son choix se porte alors sur la Formule 4, l’un des meilleurs championnats du plateau européen. Mais, faute d’une compétition de F4 outre-Atlantique, Michael doit intégrer un team européen. Compte tenu de son jeune âge, il lui faut malgré tout demander une dérogation pour participer au championnat. Au regard de son talent, elle est accordée. Un choix qui n’a pas été sans contraintes pour le jeune pilote. Chaque mois, Michael doit se rendre en France pour disputer des courses, tout en poursuivant son cursus scolaire dans une école privée de Miami, et par internet depuis la France.

Avec ses nombreux déplacements entre l’Europe et les Etats-Unis, le jeune pilote ne pouvait pas s’entraîner avec ses concurrents directs. Malgré ce handicap, cela ne l’a pas empêché d’afficher une belle détermination lors du dernier meeting à Barcelone. Victoire : il décroche haut la main la troisième place en finale du championnat F4 et fait résonner l’hymne national marocain sur le podium. Car, malgré sa nationalité américaine d’origine, il a choisi, à ses 15 ans (l’âge requis), les couleurs du Maroc pour la compétition. C’est désormais le drapeau du Royaume qui ornera son casque, et il a opté pour la nationalité marocaine, la patrie de son père, Karim, homme d’affaires marocain, à l’origine du kit mains libres pour smartphone.

En quête de sponsors

C’est donc sous le drapeau chérifien que Michael Benyahia a été désigné par les organisateurs du championnat de Formula E (l’équivalent des F1 électriques) pour participer, dans les rues de la ville, à la promotion du Grand Prix de Marrakech 2016, avec aussi des essais très prometteurs sur le circuit. Il est à ce jour le plus jeune pilote au volant d’une monoplace électrique.

Mais, contrairement au karting, la course automobile à ce très haut niveau nécessite un budget important. Et qui ne peut être assumé uniquement par ses parents. Le recours à des sponsors devient un impératif. Impossible d’envisager à terme une carrière en F1 sans disposer d’énormes moyens, d’un programme de soutien et de filières d’accompagnement des jeunes pilotes durant leur parcours initiatique.

Un Marocain en F1…

L’investissement est d’autant plus important pour Michael, qui, confronté à des compétiteurs plus âgés, doit déployer tout son talent au sein de compétitions très disputées. D’autant qu’en Europe, le niveau est bien plus élevé qu’aux Etats-Unis. Le jeune pilote travaille d’arrache-pied avec l’aide d’un coach afin d’acquérir la bonne analyse technique, le mental et la condition physique indispensables pour intégrer une grande équipe.

Prêt à tous les sacrifices, Michael s’est installé seul au Mans, à proximité du fameux circuit sarthois, pour s’entraîner plus facilement et se rapprocher de l’équipe avec laquelle il vient de signer un contrat pour la saison 2017. En effet, le jeune homme disputera le championnat NEC de Formule Renault 2.0 avec le Team R-ace GP, qui a formé de nombreux pilotes aujourd’hui en compétition en Formule 1.

Fier de ses origines, talentueux, Michael Benyahia entend bien réaliser son rêve : être le premier pilote marocain à accéder à la F1. Son modèle ? Le Finlandais Kimi Räikkönen, champion du monde 2007. Michael et lui partagent le même calme. Un flegme que caractérise une conduite élégante et sans agressivité. De bon augure pour la suite !

Article en PDF : Courriers-Atlas

Source : Le courrier de l’Atlas